Vignette Crit'Air : classes, commande et zones concernées

La vignette Crit’Air, ou certificat qualité de l’air, classe votre véhicule de 0 à 5 selon ses émissions polluantes. Elle se commande uniquement sur certificat-air.gouv.fr, coûte 3,85 € frais d’affranchissement compris et reste valable sans limite de durée. Sans elle, les zones à faibles émissions vous restent fermées.
Ce que la pastille dit vraiment de votre véhicule
Le dispositif repose sur six pastilles autocollantes, numérotées de 0 à 5 et différenciées par leur couleur. La règle de lecture tient en une phrase, formulée par service-public.gouv.fr : plus le numéro est élevé, plus le niveau des émissions de polluants est élevé. La verte, réservée aux motorisations électriques et à hydrogène, se situe hors numérotation.
Le classement dépend de deux critères seulement : la motorisation et la norme Euro du véhicule, cette dernière se déduisant de la date de première immatriculation. Ni le kilométrage, ni l’état d’entretien, ni le résultat du dernier contrôle technique n’entrent dans le calcul. Une voiture diesel de 2003 impeccablement suivie porte la même pastille bordeaux qu’une jumelle fatiguée.
Trois familles de véhicules sont visées, désignées par les catégories européennes M, N et L : les voitures particulières, les utilitaires légers et les poids lourds d’un côté, les motos, scooters et quadricycles de l’autre. Un véhicule ne reçoit qu’une seule vignette, valable sans limitation de durée tant qu’elle reste lisible.
Cette permanence distingue le certificat qualité de l’air des autres papiers du véhicule. Aucune échéance à surveiller, contrairement à la visite périodique détaillée dans notre guide sur la préparation du contrôle technique. La pastille se commande une fois et suit la voiture jusqu’à sa revente.
Trouver la classe de votre véhicule
La grille officielle sépare les voitures et utilitaires légers des deux-roues motorisés. Les seuils diffèrent d’une catégorie à l’autre, et une même année de mise en circulation ne donne pas la même pastille selon le carburant.
Voitures particulières et utilitaires légers
Voici le classement publié par service-public.gouv.fr, essence et diesel confondus :
- Crit’Air 0, verte : électrique et hydrogène, quelle que soit la date de mise en circulation
- Crit’Air 1, violette : essence Euro 5 et 6 immatriculée à partir de 2011, plus les motorisations gaz et les hybrides rechargeables
- Crit’Air 2, jaune : diesel Euro 5 et 6 à partir de 2011, essence Euro 4 de janvier 2006 à décembre 2010
- Crit’Air 3, orange : diesel Euro 4 de 2006 à 2010, essence Euro 2 et 3 de janvier 1997 à décembre 2005
- Crit’Air 4, bordeaux : diesel Euro 3, de 2001 à 2005
- Crit’Air 5, grise : diesel Euro 2, de 1997 à 2000
- Non classé : tout véhicule immatriculé avant 1997, essence comme diesel
L’asymétrie entre essence et diesel saute aux yeux à partir de la classe 4. Une essence de 1998 obtient une pastille orange, quand un diesel de la même année reçoit la grise. Deux voitures du même âge ne subissent donc pas les mêmes restrictions.

Deux-roues, trois-roues et quadricycles motorisés
La grille change, et un point mérite l’attention : la classe 5 n’existe pas pour ces véhicules. Le classement retenu par service-public.gouv.fr se lit comme suit :
- Crit’Air 0, verte : électrique et hydrogène, sans condition de date
- Crit’Air 1, violette : à partir de 2017, norme Euro 4
- Crit’Air 2, jaune : de janvier 2007 à décembre 2016, norme Euro 3
- Crit’Air 3, orange : de juillet 2004 à décembre 2006, norme Euro 2
- Crit’Air 4, bordeaux : du 1er juin 2000 au 30 juin 2004
- Non classé : avant le 1er juin 2000
Une machine de 1998 ne recevra jamais de pastille, quel que soit son état. Ce plafond pèse sur la valeur de revente des modèles d’avant 2000 en zone urbaine, un critère à intégrer avant l’achat, au même titre que ceux passés en revue dans notre guide pour choisir sa moto.
Le cas particulier des véhicules de collection
Une voiture immatriculée en carte grise de collection sort des grilles ordinaires. Sur ce point, service-public.gouv.fr renvoie les propriétaires vers leur mairie afin de connaître les règles applicables localement. Aucune tolérance nationale automatique n’existe : chaque collectivité fixe ses propres dérogations dans l’arrêté qui crée sa zone.
Plusieurs agglomérations autorisent malgré tout la circulation de ces véhicules sous conditions, parfois limitée à certains créneaux. Le réflexe utile : écrire au service voirie de la commune concernée avant un déplacement, plutôt que supposer une exemption générale.
Commander la vignette sur le site officiel
La démarche se règle en ligne, en quelques minutes, et coûte moins de quatre euros. Le piège n’est pas la complexité du formulaire : ce sont les intermédiaires qui facturent le même service dix fois son prix.
Un seul site habilité
Service-public.gouv.fr est catégorique : certificat-air.gouv.fr est le seul site officiel de délivrance des vignettes Crit’Air. Toute autre adresse, même parfaitement imitée, est un intermédiaire privé ou une escroquerie qui revend au prix fort une pastille facturée 3,85 € par l’État.
Le repère est le même que pour les autres formalités automobiles : une adresse publique se termine par .gouv.fr, jamais par .gouv.com ni .gouv.org. Cette vigilance vaut aussi pour l’immatriculation, comme le rappelle notre article sur les démarches de carte grise en ligne.
Les informations à préparer
Le formulaire s’appuie entièrement sur le certificat d’immatriculation. Sortez-le avant de commencer, la saisie se fait d’un trait :
- le numéro d’immatriculation, repère A de la carte grise
- la date de première immatriculation, repère B
- le numéro de formule du certificat, imprimé en bas du document
- la motorisation et la norme Euro, lisibles au repère V.9
- une adresse postale valide pour la réception de la pastille
Le repère V.9 est celui que les automobilistes cherchent le plus longtemps. Il figure sur la partie droite du certificat et mentionne le règlement européen d’émission applicable au véhicule. Sur un titre ancien où ce champ manque, la date de première immatriculation sert de référence.
Prix, paiement et voie postale
Le montant est fixe : 3,85 €, frais d’affranchissement inclus, pour un envoi en France, selon service-public.gouv.fr. Le paiement s’effectue en ligne au moment de la commande. Aucun frais de dossier ne vient s’y ajouter sur le site officiel.
Une voie postale subsiste pour les personnes éloignées du numérique. Le formulaire papier se retourne au Service de délivrance des certificats qualité de l’air, BP 50637, 59506 Douai Cedex. Cette adresse figure sur la fiche officielle et constitue le second canal légitime, à côté du site.

Coller la vignette au bon endroit
Une pastille achetée mais rangée dans la boîte à gants ne vaut rien lors d’un contrôle. L’emplacement est réglementé, et il diffère selon le type de véhicule.
Pour une voiture ou un utilitaire léger, la règle officielle demande une apposition à l’intérieur de l’habitacle, recto visible de l’extérieur, sur la partie inférieure droite du pare-brise. Ce coin correspond à la zone balayée par les essuie-glaces sans gêner la vision du conducteur. La vignette se colle donc sur le verre, face imprimée tournée vers la rue.
Pour un deux-roues ou un trois-roues, l’apposition se fait sur la fourche, à l’avant de la machine. La logique reste identique : la pastille doit être lue depuis l’extérieur, sans manipulation, y compris par un dispositif de contrôle automatisé.
Trois erreurs reviennent souvent et coûtent une contravention alors que la vignette a bien été payée :
- la pastille posée sur le tableau de bord ou glissée derrière le pare-brise sans être collée
- la face imprimée tournée vers l’intérieur de l’habitacle
- une vignette décolorée par le soleil, devenue illisible, jamais remplacée
Ce dernier point mérite un coup d’œil annuel. La validité étant illimitée, la lisibilité devient le seul critère qui compte, et une pastille de 2017 exposée plein sud a rarement gardé sa couleur d’origine.
Où la vignette Crit’Air est réellement exigée
La pastille ne sert pas partout. Deux dispositifs distincts la rendent obligatoire, et leurs logiques n’ont rien à voir : l’un est permanent, l’autre déclenché au coup par coup.
Les zones à faibles émissions mobilité
Les ZFE-m sont des périmètres urbains où la circulation des véhicules les plus polluants est restreinte de façon durable. Le ministère de la Transition écologique recensait 25 ZFE en France métropolitaine sur sa page mise à jour le 13 août 2025, parmi lesquelles Paris, Lyon, Marseille, Lille, Toulouse, Bordeaux, Strasbourg, Nantes, Rennes, Rouen, Nice, Grenoble et Montpellier.
Le niveau de restriction varie fortement d’un territoire à l’autre. Toujours selon le ministère, les seuils appliqués aux voitures particulières s’échelonnent du simple véhicule non classé jusqu’au Crit’Air 3 dans les agglomérations les plus strictes, Paris et Lyon en tête. Vingt et une ZFE restreignaient alors la circulation des voitures particulières, vingt-trois celle des utilitaires légers.
Le cadre juridique repose sur la loi d’orientation des mobilités de 2019 et la loi Climat et résilience de 2021, complétées par le décret n° 2022-1641 du 23 décembre 2022 qui encadre les exemptions possibles. Chaque zone est ensuite créée par un arrêté local, ce qui explique la mosaïque de règles, d’horaires et de dérogations d’une ville à l’autre.
Un point appelle la prudence : ce paysage bouge. Les périmètres, les calendriers et les seuils sont régulièrement révisés par les collectivités comme par le législateur. Avant un déplacement, vérifiez l’état du jour sur les outils publics Bison Futé et Itinériz, tous deux cités par service-public.gouv.fr, plutôt que sur un article daté.
À titre d’illustration, la ZFE-m de la Métropole du Grand Paris ferme ses voies aux véhicules légers non classés et classés Crit’Air 5, 4 et 3 du lundi au vendredi, de 8 heures à 20 heures, hors jours fériés. Les poids lourds y sont soumis à une restriction élargie, sept jours sur sept, sur la même plage horaire.
La circulation différenciée pendant un pic de pollution
Le second cas est temporaire. Quand un épisode de pollution s’installe, le préfet peut prendre un arrêté de circulation différenciée qui autorise les seuls véhicules porteurs de certaines pastilles. La mesure tombe avec un préavis très court, souvent la veille pour le lendemain.
Cette temporalité est l’argument le plus solide en faveur d’une commande anticipée. Une vignette expédiée par courrier n’arrive pas dans la journée, et un arrêté préfectoral ne laisse pas le temps de régulariser. Sur un trajet longue distance, cette contrainte s’ajoute aux points à vérifier avant le départ, comme le détaille notre guide sur la préparation d’un long trajet en famille.

L’amende encourue et le réflexe à prendre
Circuler sans vignette valide dans une zone restreinte expose à une amende forfaitaire de 68 €, susceptible d’atteindre 450 €, d’après service-public.gouv.fr. La sanction vise les voitures, les deux-roues et trois-roues, les quadricycles motorisés et les utilitaires légers, et s’applique indifféremment au non-respect d’une ZFE ou d’un arrêté de circulation différenciée.
Le contrôle se fait à la vue, lors d’une interception classique. Une pastille absente, illisible ou mal orientée produit le même résultat qu’une absence totale de commande.
Rapportée au coût annuel d’un véhicule, la dépense est dérisoire : moins de quatre euros une fois pour toutes, à comparer aux postes lourds recensés dans notre analyse du budget réel d’une voiture sur l’année.
Prochaine étape : sortez votre certificat d’immatriculation, relevez les repères A, B et V.9, puis passez commande sur certificat-air.gouv.fr. Comptez quelques jours de courrier avant de pouvoir coller la pastille en bas à droite du pare-brise.